Les Lip, l’imagination au pouvoir

Christian Rouaud, france, 2007, 1H38
samedi 17 mars 2007.
 

Mai 68 avait cinq ans. Bon gré mal gré, ses anciens acteurs continuaient à chercher sous le pavé la plage, et la braise des utopies continuait à couver sous les cendres du pompidolisme, sans que rien ne vienne l’attiser.

Jusqu’à ce jour où des ouvriers décidèrent de prendre en main leur destin. L’histoire est celle, pas encore quotidienne en ces temps, d’une entreprise familiale rattrapée par la marche forcée de l’économie capitaliste, vendue à un grand groupe, en voie d’être délocalisée. 438 emplois sont menacés.

Commence alors l’histoire d’un groupe d’hommes qui décidèrent de ne pas rester les bras croisés, décidèrent de se battre et de mettre en application leurs convictions. Fiers de leur savoir-faire (la montre à quartz n’était pas si banale alors), ils sortent du cadre en confisquant les stocks de la société, qui deviendront le fameux "trésor de guerre" de ceux que la France entière commence à appeler "les Lip".

L’entreprise autogérée fonctionne, Besançon se souvient qu’elle est la ville natale de Fourier et de Proudhon, tout ce que le territoire compte de militants du PSU et de partisans de l’autogestion se reconnaît dans ce combat. porter une Lip devient symbole de militance après avoir été symbole de bourgeoisie.

"C’est possible" devient un slogan phare.

Pour qu’il résonne encore aujourd’hui, Christian Rouaud a été retrouver ceux qui connurent alors la notoriété, et incarnèrent un espoir enchassé dans le réel d’une lutte. Piaget, Vittot, Burgy, Raguenes ont sans aucun doute beaucoup à nous dire du passé, présent par de nombreuses archives, et du présent.

La critique salue ce documentaire (Première, par exemple, parle d’un "thriller trépidant").

Je n’ai pas eu l’occasion de le voir. Et il y a fort à parier que si les cinéphiles et les militants souhaitent sa projection, il faudra qu’ils s’organisent entre eux !

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