Belfort

De Gaëtan Chataigner, France, 2008, 52 mn.
mercredi 18 juin 2008.
 

« ...Je lui avais promis de l’emmener là-bas parce que nous on habitait dans un trou, un peu comme dans Macadam cowboy ou la vie de Jésus, un trou de Vendée, pas les mêmes sons et lumière... »

Afin de célébrer leur 20e édition, les Eurockéennes ont confié la réalisation d’un moyen-métrage à Gaëtan Chataigner (bassiste des French Cowboy, Dominique A ,The Little Rabbits et de Katerine), réalisateur de clips et de films musicaux. Celui -ci n’a pas choisi la forme classique du film compilation, mais a réalisé un 52 minutes mi-road-movie mi-extraits de concerts.

Côté concerts, des apparitions trop fugaces comme celle d’Iggy pop, mais des plats de résistance consistants avec les Pixies, Amy Winehouse, Public ennemy, Oasis, et quelques moments de grâce avec Nick Cave et Rage against the machine. Une transcription fidèle d’images de concerts, qui rappelle que le territoire de musiques a su à la fois être à la pointe (sensible) du rock et attirer un vaste public.

Côté cinéma, Gaëtan Châtaigner choisit la forme d’un road-movie (essentiellement fait de séquences d’auto-stop avec conducteurs variés), commençant route de Nantes à la Roche-sur-Yon. « Un festival de musique est souvent une expérience intense, quasi-initiatique pour des milliers de jeunes adolescents. Il y a bien évidemment le festival en soi, les artistes sur scène à qui l’on s’identifie, véritables ‘matières à fantasmes’. Mais il y a également le rapport à l’autre, à sa tribu, à sa communauté avec ses codes, ses rituels, ses goûts, ses couleurs... Et puis autour du festival, il y a le voyage en auto-stop, le camping, les excès, les transgressions, les rapports amoureux, le sentiment de liberté, la gueule de bois, le retour sous la pluie battante. Bref, un festival, c’est une aventure, affirme-t-il ».

C’est cette quête adolescente que le film rapporte, la musique des Eurockéennes essayant de coller au plus près des états d’âmes de deux jeunes protagonistes qui se confrontent à l’idée qu’ils se font de leur propre liberté, au hasard des rencontres et des situations.

Le vidéaste, parfois maladroit, souvent tendre ; dresse un portrait un peu naïf qui a le mérite de bien témoigner de la période. A voir pour se replonger dans l’ambiance avant la vingtième édition, pour laquelle les organisateurs ont mis les petites guitares dans les grandes...

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