Babylon A.D.

De Matthieu Kassovitz, France, 1H40, 2008.
lundi 25 août 2008.
 

Babylon A.D. dure 1 heure 40 mais en paraît quatre..

Dès le début, catastrophe intégrale. Diesel se bagarre avec trois figurants en treillis, achète un lapin dans la forêt et met un bon quart d’heure à le préparer dans son petit intérieur. On a l’impression d’être revenu au temps des quotas de production françaises des années 80 à la télévision, où les personnages mettaient vingt minutes à préparer un oeuf sur le plat.

Le film n’est même pas un film de genre, et je déconseille même au plus cinévore des habitués de distributeurs dvd d’aller le voir. Mais la réflexion est aussi restée au vestaire, et le Babylon babies de Maurice Dantec est réduit à trois bulles de roman photo bas de gamme.

Que reste -t-il à voir ? Les habituels clichés sur l’apocalypse. Une séance de shooting de Diesel en guerillero de pacotille tentant de rehausser par sa présence un scénario de deux lignes (un ex-militaire banni de la civilisation occidentale escorte une jeune femme dont dépendrait -sans plus de précisions- l’avenir de l’humanité). Des bagarres mal stylisées en façon froide. Des poncifs au kilo. Un film toujours tristement et totalement prévisible. Des stars qui périssent d’ennui comme le spectateur, cela se voit.

Pour tenter de plaire au public engagé, l’alter-mondialisme est présent par un coup de mégaphone (le capitalisme c’est pas beau, la guerre c’est pas bien) beuglé au ralenti propre à décourager tout militantisme intelligent.

Que reste-t-il à sauver ? Lambert Wilson en corset plastique (le pauvre) ? Charlotte Rampling en robe de chambre digne du gendarme et les extra-terrestres (la pauvre) ? Le cri de Michelle Yeoh prenant une bastos après trente secondes de rôle ?

Rien, il n’est rien à sauver de ce film gros budget et petite intelligence, où le traitement des personnages est indigent. Un film qui ne soutient pas sur le moindre petit détail la comparaison avec Le Fils de l’homme d’Alfonso Cuaron, sur un sujet similaire.

Matthieu Kassovitz se voulait le rebelle du cinéma français, et avait signé avec La Haine un film que beaucoup avaient considéré être celui d’un auteur. Ils vont déchanter avec ce film mégalomane, convenu, et profondément conformiste, réactionnaire au fond, qui ne trahit que le narcissisme d’un enfant gâté du cinéma français. Un film totalement raté.

Répondre à cet article