Jazz et cinéma

dimanche 26 juillet 2009.
 

Thelonious voyage vertigineusement sans bouger, naviguant centimètre après centimètre, en direction de la queue du piano qu’il n’atteindra jamais... jusqu’à ce que sa main abandonne son appui et que l’ours vire lentement de bord et tout pourrait arriver à cet instant où l’appui lui manque, où il flotte comme un alcyon sur le rythme de Charlie Rouse qui est en train de poser les derniers longs, véhéments, admirables coups de pinceau de rouge et de violet, nous éprouvons le vide de Thelonious éloigné du bord du piano, l’interminable diastole d’un seul immense cœur où battent tous nos sangs, et exactement alors, son autre main se saisit du piano, l’ours se balance aimablement et revient nuage après nuage jusqu’au clavier, il le regarde comme pour la première fois, il promène dans les airs ses doigts indécis, les laisse tomber et nous sommes sauvés, il y a Thelonious capitaine, il y a navigation de nouveau. Julio Cortázar (« Le tour du piano par Thelonious Monk »)

Droit sur sa Vespa et fluide dans son journal intime, Nanni Moretti roule en 1994 sur une route italienne, rectiligne, banale et balnéaire. La bande son déploie, d’abord discrètement puis avec de plus en plus d’ampleur, les accords augmentés du Köln Concert. Keith Jarett joue des quintes et des septièmes, donne de la voix pour ponctuer ses phrase, Nanni Moretti silencieux s’arrête devant l’endroit où fut assassiné Pier Paolo Pasolini. Les arpèges s’échouent à nos oreilles comme les vagues sur la plage, l’harmonie est parfaite entre l’image et le son, jazz et cinéma semblent deux alliés fraternels et inséparables.

La réalité d’un peu plus d’un siècle d’histoire partagé par ces deux formes artistiques est cependant diverse et compliquée, avec ses moments de grâce et sa brouilles, ses fusions et ses heurts. Après avoir plongé aux racines de ces noces et de ces ruptures, nous envisagerons ensuite les rapport entre les deux apparitions majeures du début du vingtième siècle en commençant par les plus distendus, celles de films où la musique de jazz n’est qu’un accompagnement, un serviteur musical de l’image aux même titre que le classique, la bossa-nova ou le rock, pour finir par les plus serrées, celles où le film se met au service du jazz pour le raconter de façon documentaire. Le tout suivi comme il se doit d’une rapide conclusion, d’une filmographie et d’une bibliographie.

L’ampleur du sujet est telle que vous aurez, cher lecteur, à regretter des omissions et des partis-pris. L’éclairage que je porte ici est nourri de mes choix, de mes goûts, mais avant tout de mes plaisirs, tant la note bleue et le grand écran, ensemble où séparément m’ont apporté d’émotions. Toutes vos observations et ajouts seront les bienvenus.

Le cinéma et son pianiste

Au départ était le pianiste de cinéma. Ce type, tout seul dans un coin, ou avec ses potes, dans la fosse d’orchestre. Qui fait le métier le plus difficile du monde : concilier les deux arts les plus universels, le cinéma muet et la musique, les deux arts qui ne connaissent ni frontières ni barrières de langue. Il faut lire la partition d’images, être le médiateur entre le déterminé qui bouge, l’écran de cinéma, et l’ambiance nocturne, l’humeur du public, le flottement imperceptible de ce soir d’été qui exige un peu plus de retenue dans le phrasé.

Et puis éviter la redondance, surtout éviter la redondance. Les notes doivent ajouter, nuancer, étendre le champ de l’image , pas le répéter. Bien sûr il y a le directeur du cinéma qui veut que l’on joue Mendelssohn durant la grande scène d’amour, contraintes du métier. Mais la création exige de se mettre en péril, d’être sur la brèche, de participer de l’instant .

Certes, il n’y a pas que des pianistes de jazz à jouer dans les cinémas. Rostropovitch aussi a commencé sa carrière comme cela, alors vous pensez. Mais quand même, plus vous vous rapprochez des Etats-unis, plus vous vous rapprochez de Harlem et des quartiers noirs, plus ce talent d’improvisation, plus cette inventivité légère, plus ce talent d’accords, la sérénité que confèrent les seize mesures vous rapprochent à coup sûr d’un ragtime ou d’un boogie-woogie, d’un pianiste de jazz. D’un Willy Smith, inventant le style stride, ou de l’un de ses amis.

Ce pianiste de jazz, peut-être prépare ses prochaines compositions en profitant des émoluments réguliers que cela lui procure,peut-être décline-t-il ses arpèges par amour pour une dulcinée, peut-être se rêve-t-il comme le héros de l’écran, mais en tout cas il participe d’une merveilleuse alchimie entre le défini et l’improvisation, entre le son et l’image, entre la libre expression et la servitude de l’art.

Il n’est pas une exception, une rareté, ce pianiste de cinéma. Trois mille professionnels en France juste avant l’avènement du parlant, combien aux Etats-Unis. Avec lui, cinéma et jazz, les deux arts nouveaux du vingtième siècle, contemporains ou presque, ont des rapports naturels. Ceux d’un Melies filmant un Cake walk (ancêtre du rag)infernal. Ceux d’artistes qui suivent leur propres influences pour exprimer au mieux leurs propres émotions où enrichir celles des spectateurs.

L’avènement du parlant,

« le chanteur de jazz »,

cinquante années de ghetto pour la musique noire.

Le premier film parlant s’appelle « Le chanteur de jazz ». Paradoxe et trompe l’oeil. Pas un noir dans le film, mais un blanc teint au cirage. Pas de jazz dans le film non plus, d’ailleurs, titre mensonger. Le code Hays interdit le mélange des races à l’écran, dans les États du Sud, les producteurs ne veulent pas risquer la censure en montrant dans un film ne serait-ce qu’un seul noir. Relisons « Moins qu’un chien » de Charlie Mingus pour comprendre comment le musicien noir est proprement jeté hors de la scène. Prenons Hollywood Hotel (1938), par exemple. Un film de Busby Berkeley, l’inventeur de la comédie musicale américaine, l’homme au centaines de figurants et à la manie de la plongée verticale. Eh bien l’orchestre de Benny Goodman, qui n’est pas pour rien dans l’énergie du film, y défile en pleine rue. Cependant que les musiciens noirs, eux, jouent hors champ.

Sans parler de tous les films où les noirs, réduits à un rôle d’amusants sauvages, et dont les work songs, blues, spirituals, dirty dozens (sorte de tournois d’insultes en cadence), lyrics (chansons populaires de Broadway) et l’ élocution gouailleuse venue du ghetto, le " jive " ne sont que pittoresques accessoires pour les réalisateurs.

Durant la vogue des comédies musicales des années trente, le jazz présent dans les films est javellisé, purgé de tous ses moments forts et de ses plus prégnantes personnalités. L’improvisation disparaît. Le cinéma normalise le jazz, le corsète dans la gangue des conventions, convertit la musique de la révolte noire, des bordels et des tripots mafieux en une musique syncopée audible par tous les publics.

Louis Armstrong et Duke Ellington, "gentil" pour le premier, "présentable" et indépassable pour le second, raflent presque l’intégralité des grosses productions.

Les autres doivent se contenter des miettes, des race movies, films à petit budget et de piètre qualité, interprétés par des Noirs et destinés à un public noir (mais évidemment financés par des producteurs blancs).

La grande exception à tout ce qui vient d’être énoncé est Hallelujah de King Vidor (1929), où le cinéaste filme avec une troupe de musiciens exclusivement exclusivement composée de Noirs. Hallelujah est porté par la musique noire, par les gospels et les spirituals, le blues et de remarquables moments de tap dance. , Hallelujah souligne le rôle considérable joué par les Noirs dans l’invention d’une musique populaire américaine. Mises à part Swanee Shuffle et Waitin’at the End of the Road, deux chansons composées pour le film par Irving Berlin, tous les moments musicaux sont puisés dans le répertoire noir original. Même si le film reproduit certains clichés, il est quand même une splendide rareté.

Au cours des années 1940, l’industrie américaine du cinéma continue à récupérer à son profit la musique de jazz en serrant le corset du racialement et politiquement correct.

Apparaissent les premiers biopics retraçant la vie de vrais faux jazzmen ;jazzmen : Al Johnson, Glenn Miller, Benny Goodman et quelques autres. Tous blancs ou presque. Et atrocement conventionnels à une période où le Be Bop transfigure le jazz de son inventivité et de son swing sans pareil. Des musiciens afro-américains veulent s’affranchir des big bands et du courant Mainstream, retrouver la révolte noire et les origines du jazz. Ces quêtes de liberté en formations plus réduites, laissant plus de liberté dans l’interprétation et plus d’opportunités d’improviser des solos, accélérant le tempo , aux phrasés dynamiques et aux grilles harmoniques inventives sont portées par Thelonious Monk, Charlie Parker et Dizzy Gillespie . Elles boulversent le monde entier. « Le jazz est mon aventure. Je traque les nouveaux accords, les possibilités de syncope, les nouvelles figures, les nouvelles suites. Comment utiliser les notes différemment. Oui, c’est ça ! Juste une utilisation différente des notes.Thelonious Monk " 

Mais la modernité ne franchit pas la porte des studios. Pour ces derniers le jazz reste constitué de grappes d’humains se levant d’un seul geste derrière des pupitres ornés de deux lettres pour effectuer des chorus gravés dans la cire des standards.

Au cours des années 1950, le cinéma commence à s’intéresser davantage aux évolutions du jazz, comme dans L’Homme au bras d’or, d’Otto Preminger (1955). Malgré tout, l ’idée générale reste, comme dans ce film , que si le jazz est une musique noire, ce sont des blancs qui lui ont donné son caractère universel.

Il faudra attendre la victoire des noirs dans la lutte pour les droits civiques, et l’avènement d’une nouvelle génération revendicative et moins docile (Art Blakey Charlie Mingus, Miles Davis, John Coltrane...) , désireuse de mettre en avant les racines africaines de sa musique pour des motifs culturels et politiques, pour que les temps changent. La comme ailleurs, l’émancipation de la musique noire au cinéma n’aura été due qu’à la lutte de ceux qui la créaient.

Cette émancipation est à mettre en corrélation avec l’avènement hollywoodien du film noir et du film policier. Les studios, la télévision embauchent des musiciens noirs. Otto Preminger réalise en 1959 le film dont la symbiose avec la musique magistrale de Duke Ellington est si évidente qu’elle fera référence. C’est Anatomy Of A Murder en 1959.

A partir de cette date, on pourra considérer le jazz comme émancipé au cinéma, le regarder comme réconcilié avec le septième art.

Les rapports entre les deux modes d’expression sont cependant bien différents selon les réalisateurs, les époques, les styles. Il est tenté dans cet article une classification qui ne saurait recouvrir l’ensemble de la réalité, mais essaye de schématiser pour mieux en rendre compte.

Les films teintés de la note bleue

Saxophones langoureux, grandes formations au dynamisme réjouisssant, musiciens aimés des réalisateurs, les exemples abondent de réalisateurs qui ont enrichi leur palette en utilisant des musiques de jazz.

En 1941, Orson Welles est le premier dans Citizen Kane à utiliser le jazz dans un film sans caractère musical. Un Noir chante It Can’t Be Love dans la scène du pique-nique.

En France, les Rendez-vous de juillet de Jacques Becker marquent en 1949 l’arrivée du jazz dans le sillage de l’armée de libération américaine. Les prestations de Claude Luter et Rex Stewart servent de prétexte à montrer les caves de Saint germain des prés, la drague et l’alcool, mais aussi les problèmes de la génération d’après-guerre.

En 1958, c’est la rencontre de deux hommes libres qui donne un film magnifique et atypique. Dans Shadows (1958) Charlie Mingus et John Cassavetes, tous deux antiracistes, innovants et épris de leur art, conjuguent leurs facultés d’improvisation pour les décupler. Cela ne suffit pas à en faire des « frères de jazz » comme le développe Mouëllic qui exagère un peu dans son livre "Jazz et cinéma". Il existe cependant une similitude entre le travail du cinéaste et celui de Mingus : le travail collectif est le véritable moteur d’une performance qui doit se faire dans une entière liberté de mouvement. Tout le film s’en ressent : il y a « un rapport étroit entre le mouvement des corps et le rythme de la musique, une osmose évidente entre le geste et la pulsation. » . "The film you have seen was an improvisation" est le message transmis par le carton qui apparaît à la fin d’un film magnifique.

Citons également Les Tricheurs de Marcel carné en 1958, où des étudiants découvrent la liberté sur des musiques particulièrement bien choisies, Des femmes disparaissent d’Édouard Molinaro la même année sur une musique d’Art Blakey, enfin les Liaisons Dangereuses de Roger Vadim avec des musiques de T. Monk et Duke Jordan et Deux hommes dans Manhattan de Jean-Pierre Melville, première composition pour le cinéma de Martial Solal, tous deux en 1959.

Martial Solal créera la musique d’A bout de souffle, de Jean Luc Godard (1960). Laissons-le en parler lui-même. ..."Il est évident que le thème principal d’À bout de souffle, c’est celui du film de Belmondo, un film noir et donc un thème purement Jazz et un peu inquiétant. Et le thème de la romance, c’est le contraire, exactement le contraire. Donc, là, j’ai amené un orchestre à cordes et il n’était plus tellement question de jazz. Mais mon inspiration provenait toujours, à l’origine, de cette musique....J’ai écrit en tout, courts métrages et films publicitaires compris, une cinquantaine de titres. Mais le seul dont on me parle c’est toujours À bout de souffle. Ca ne me dérange pas. C’est probablement la meilleure".

En 1961, Jeanne Moreau et Marcello Mastroianni déambulent une journée entière entre une fête donnée dans une villa luxueuse et bourgeoise et la clinique où un de leurs amis est en train de mourir. Pour La Notte d’Antonioni, Giorgio Gaslini a composé de tristes mélodies qui ponctuent des notes d’un quintette de jazz chacune des étapes de la désagrégation d’un amour.

Martial Solal collaborera en 1962 au Procès d’Orson Welles. S’il vous plaît. La même année, Michel legrand signe son premier succès avec la musique d’Eva de Joseph Losey avec Jeanne Moreau, une de ses musiques de film que l’on peut le plus rapprocher du jazz, même si Michel Legrand n’est pas à proprement parler un jazzman. L’année précédente, David Raskin avait signé pour Cassavetes la musique de Too Late Blues (également intitulé La Ballade des sans-espoirs).

Soulignons également la qualité d’un film méconnu, The cool world, sous-titré Harlem Story, un film signé de Shirley Clarke, une tenante du cinéma du réel, en 1963. Un groupe de gamins noirs de Harlem incarne la réalité du ghetto et interprète le scénario d’une Amérique de la discrimination, de la pauvreté et de la violence. La musique, remarquable, est signé Mal Waldron.

En 1966, Blow-Up fait évènement. Surprise, la musique d’un film sur le swinging London (enregistrée à New-York...) de 1966 fut confiée à Herbie Hancock, un jazzman. Subtilité usuelle d’Antonioni, habitude des grand photographes de l’époque d’utiliser du jazz cool pour les séances de pose ? Toujours est-il que le mélange fonctionne à merveille. Herbie Hancock, alors pianiste de Miles Davis, est ici accompagné de Freddie Hubbard, Jim Hall, Ron Carter et Jack Dejohnette . Excusez du peu. Le film est ivre de la subtilité démoniaque du groupe, tout heureux de se replonger dans les délices du cool jazz alors que le free écartelait le genre.

En 1967, Quincy Jones fait grincer le jazz pour De sang Froid de Richard Brooks.

Retenons encore La Menace d’Alain Corneau en 1977 pour la musique de Gerry Mulligan puis deux ans plus tard Série noire (1979), où un thème de l’orchestre d’Ellington revient en leitmotiv.

Citons pour finir un film rare, No Man is an Island de Sonja Lindén, un film de quarante minutes de 2006 oùle père de la réalisatrice, seul sur son île, téléphone chaque jour à sa femme hospitalisée avec une infinie tendresse. Il partage sa vie entre l’écriture d’un cahier de recommandation technique, à l’usage de ses descendants, la préparation de son ultime voyage et l’écoute de sa collection rare d’enregistrements de jazz. Une sacrée collection.

Bien sûr cette influence de la note bleue sur le cinéma ne se nourrit pas que de l’air du temps. Elle vit à travers les compositeurs de musique de films, plus pianistes que trompettistes, plus compositeurs qu’improvisateurs, plus arrangeurs que novateurs. Mais qui eurent le grand mérite, même quand ils avaient suivi un parcours classique, d’être le plus souvent ouverts à toutes les influences.

S’il fallait choisir le plus jazzy d’entre eux ? Sans doute David Raskin et son Laura, tiré du film éponyme, rallierait-il le plus souvent les suffrages. Mais pour ma part je choisirais John Scott. Né à Bristol, fils d’un musicien de jazz, Patrick John Scott commence le violon a six ans, puis la clarinette. Enfant de troupe à 14 ans, il apprend à l’armée la harpe (il y a des réalités qui surprennent). Il prend de plein fouet le choc Charlie Parker, devient saxophoniste. Plus facile pour le clarinettiste que pour le harpiste. Il entre chez Emi comme arrangeur et dirige des séances d’enregistrement avec George Martin, producteur des Beatles. Puis, durant les années 60 il tourne avec un quartet, joue aussi pour des compositeurs de musiques de film comme Henry Mancini. En 1965 il compose pour la première fois pour le cinéma : A Study in Terror, un Sherlock Holmes. Suivent The Long Duel (1966), Outback (1971), Greystoke (1983), The Shooting Party (1984),To the Ends of the Earth (1984), Mountbatten (1985), The Whistle Blower et Man on Fire (1987), The Deceivers (1988), Shoot to Kill (1988), Red King-Red Knight (1989), Winter People (1989), William the Conqueror (1990),Full Contact (1990), Shogun Mayeda (1991), Ruby (1992) Norbert Star (1995).

Malgré les années, la notoriété, la direction d’orchestre classiques prestigieux, il reste un exemple de ce que le jazz peut apporter au cinéma.

Mais l’influence jazz au cinéma, ce sont aussi des réalisateurs tant influencés par cette musique qu’elle transperce toute leur oeuvre comme un solo de Charlie Parker transperce l’air du soir.

Pour ce qui est des réalisateurs français, c’est Bertrand Tavernier qui est la figure de proue des cinéastes influencés par le jazz. Pour "Autour de minuit , c’est certain (voir plus bas), mais aussi car le jazz était pour lui une autre façon de rentrer en communication avec l’Amérique, le pays de ses désirs cinématographiques. Son livre fondamental, "amis américains", permet de comprendre la profondeur de la trame qui unit pour lui jazz et cinéma.

Mais il ne faut pas oublier Alain Corneau, habituel collaborateur des "cahiers du jazz" et ancien batteur, Jean Rouch, Jacques Rozier, Claire Denis, et Philippe Garrel. Ce dernier n’hésitant pas à déclarer dans la foulée d’un Cassavetes : "Tout se rapporte à mon goût pour l’improvisation...qui me paraît très utile au cinéma dans son ensemble. En fait, je cherche toujours à sauvegarder une part de hasard dans la direction d’acteurs, mais aussi dans d’autres éléments de la mise en scèneet dans le montage pour éviter la "clôture" du film".

Pour ce qui est des réalisateurs étrangers, il y a d’abord l’évidence Woody Allen . Personne n’est sans savoir l’amour qu’il porte au jazz. Il a chois Woody comme pseudonyme à cause de Woody Herrman, le clarinettiste et chef d’orchestre américain qui embaucha Stan Getz dans son groupe de cuivres. On le sait lui même clarinettiste , et se produisant avec un groupe au style quelque peu obsolète.

Au début de Manhattan, le glissendo inaugural (clarinette oblige) du Rapsody in Blue de Gershwin crève l’écran avant que la musique ne fonde avec les images géniales du cinéaste. Pour moi le plus bel exemple de fusion entre l’image animée et le son. Les bandes originales des films de l’illustre Woody sont bien entendu emplies et enrichies de toute sa culture emplie de références aux plus grands. Les entretiens entre Woody Allen et son ami Oscar Font évoquentl’initiation musicale de Woody Allen avec photos, pochettes de disques, affiches de cinéma, filmographie complète mentionnant dans le détails tous les titres jazz utilisés film par film. Un trésor indépassable sur les rapports que Woody Allen entretient avec le jazz, style de musique qui a influencé toute son existence, et par la-même toute son oeuvre.

Impossible également de ne pas évoquer le grand Clint, Monsieur Eastwood .« Chez les Eastwood, le jazz est héréditaire. Le jour où Fats Waller est mort, ma grand-mère alla acheter tous ses disques, comme on achèterait des actions à la Bourse. Mon père, chanteur amateur, se produisait en public. Quant à moi, j’ai joué du piano très tôt dans les clubs. J’étais maladivement timide, mais, dès que je m’asseyais à mon piano, les filles accouraient. » (Clint Eastwood dans une interwiew à l’Express ») . Outre les innombrables chansons jazzy fredonnées par ses cow-boys, Clint Eastwood a incorporé nombre de standards dans ses films. Son premier film montrait le festival de Monterey, écoutait Misty d’Eroll Gardner, jouait avec érotisme des racines du mot jazz.

Clint Eastwood chante également, et outre les bandes originales de Honkytonk Man et La Kermesse de l’Ouest, il a interprété des chansons des bandes originales de Bronco Billy, Ça va cogner, Haut les flingues, Le Maître de guerre, Dans la ligne de mire, Minuit dans le jardin du bien et du mal, Jugé coupable et tout récemment Gran Torino. Il affirme avoir écrit des histoires sur piano bien avant d’ avoir filmé. Egalement compositeur de musiques de film, il a écrit le thème de Claudia dans Impitoyable et ceux des bandes originales de Sur la route de Madison (truffée de culture jazz doublée de Camille Saint Saens !), Les Pleins pouvoirs, Space Cowboys, Mystic River (co-écrite avec son fils Kyle, pianiste de jazz de renom) et Million Dollar Baby.

Celui qui réalisa une biographie de Charlie Parker (voir plus loin), fut honoré en 1996 par un concert au Carnegie Hall où les musiciens l’avaient remercié d’avoir utilisé le jazz et son amour du jazz dans ses films, Clint Eastwood fait partie intégrante de l’univers jazz.

Les films où la musique surpasse l’image

Il est tout d’abord des cas où la musique prend légitimement le pas sur l’image. Ce sont les comédies musicales, où le tourbillon des images sert un propos chanté et dansé que portent paroles et musiques, l’image étant ici davantage un cadre un soutien, un support.

Après les comédies dont nous avons dit (voir plus haut), qu’elles confisquaient plus le jazz qu’elles ne le mettaient en valeur, apparaissent des œuvres novatrices. A tout seigneur tout honneur , nous commencerons par West Side Story.

Le légendaire chef-d’oeuvre de Broadway a changé la face des comédies musicales à jamais. Bien sûr Léonard Bernstein n’est pas un compositeur de jazz, mais un compositeur classique. Dans cette œuvre, cependant, les influences jazz sont si importantes, manifestes et récurrentes, qu’il nous paraît impossible de passer ici à côté de ce qui reste une synthèse inégalée de l’excellence artistique et du succès populaire. La mise en scène énergique de de Robert Wise se met au service d’un scénario inspiré de Roméo et Juliette :A New-York, dans l’Upper West Side, à la fin des années 1950. deux bandes de jeunes se disputent le contrôle du quartier. Les Jets rassemblent des adolescents issus de familles irlandaises, italiennes et polonaises. Ils s’opposent aux Sharks, bande composée de Portoricains à peine arrivés aux Etats-Unis et prêts à tout pour gagner un espace vital. Unité d’action, unité de lieu. Lors d’un bal, Tony, un des leaders des Jets s’éprend de Maria, la sœur du leader des Sharks, amour impossible du fait des haines inter-communautaires. Les années cinquante ont réellement été à New-York le cadre d’ affrontements ethniques entre Portoricains et Américains « de souche » (c’est-à-dire des immigrés de la deuxième ou troisième génération). Dureté d’un propos fort politique, sirop des comédies musicales. Il y avait peu de chance pour que le mélange réussisse. Tout le génie de Bernstein, c’est d’avoir réussi une musique qui montre tous ses jeunes sous un jour postif à travers l’énergie et le swing des accents jazz, l’absence de mièvrerie des mélodies. Tournés en des lieux réels, West Side Story reste une réflexion intéressante pour l’évolution de nos sociétés multi-culturelles. Une sacrée leçon d’appropriation des musiques jazz. Et un chef-d’œuvre du cinéma.

Le cinéma peut également raviver les couleurs d’une musique quelque peu tombée dans l’oubli.

Composé par Scott Joplin en 1902, The Entertainer est le refrain-phare de l’époque ragtime. Comme Roses of Picardy pour la décennie suivante. Le film L’Arnaque, avec Robert Redford et Paul Newman , rencontra un certain succès. Succès vite dépassé toutefois par la bande-son du film, qui fit retrouver à The Entertainer sa popularité de l’époque des années folles : en 1973, The Entertainer devient numéro trois au hit parade américain.

Il est d’autres cas où la musique finit par surpasser l’image. La Mélodie du bonheur (The Sound of Music) , film musical américain de Robert Wise sorti en 1965. est un bon exemple de ce phénomène. Basé sur le livre autobiographique de Maria Augusta Trapp, La Famille des chanteurs Trapp, il est l’adaptation de la comédie musicale homonyme de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein créée à Broadway en 1959. Le film contient plusieurs chansons devenues des succès dont Edelweiss, Climb Ev’ry Mountain, Do-Re-Mi, The Lonely Goatherd et la chanson-titre The Sound of Music, reprise notamment dans Moulin Rouge. My Favotite thing, le morceau repris par John Coltrane, est devenu tellement fameux, a tant pris de place dans l’histoire du jazz que le film de Robert Wise , malgré ses qualités (relatives) et ses oscars, est peu a peu tombé dans un oubli que l’interprétattion de Coltrane ne connaîtra jamais.

Laura, film commencé sous la direction de Rouben Mamoulian, renvoyé par Darryl F. Zanuck au bout de deux semaines, en est un autre exemple. Otto Preminger reprend le projet, dont il était du reste l’initiateur. Du roman initial de Caspary, Otto Preminger garde peu d’éléments. Il demande au poète Samuel Hoffelstein de travailler au scénario avec Betty Reinhardt,donne aussi sa première chance à l’opérateur Joe La Shelle, qui remportera l’oscar de la photographie pour ce film.

D’une facture surprenante, avec un long flash-back dans la première moitié du film, Laura bénéficie de l’élégance de la mise en scène de Preminger, toute en longs mouvements de caméra et en finesse. Loin des poncifs du film policier, Laura évoque le fétichisme, le triomphe de l’apparence sociale sur la réalité. Et même si Gene Tierney et Dana Andrews forment un couple resté légendaire, c’est le thème musical de David Riskin, ses phrases souples et sa musicalité extraordinaires , qui restent aujourd’hui en mémoire. Après l’interprétation magnifique du thème par Duke Ellington, Laura deviendera en effet l’un des morceaux les plus repris de toute l’histoire de la musique.

Jeanne Moreau apportant les cafés, cela inspire, vous pensez ! La preuve ? En une nuit, le quatre septembre 1957, et trois heures d’enregistrement, Miles Davis écrivait une des plus belles pages de l’histoire du jazz. Et ce n’est pas faire injure à Louis Malle, qui remporta avec ce film un mérité prix Prix Louis-Delluc , que d’affirmer que la musique dépasse ici l’image.

1957, la grande année de Miles. Commencée dans la difficulté par une tournée où les problèmes de drogue de John Coltrane et Philly Joe Jones avaient forcé Miles à renoncer à leur collaboration et à dissoudre son quintette. En mai, il rentre en studio pour enregistrer Miles Ahead, sa première collaboration avec Gil Evans. Succès phénoménal, puis reformation du quintet, avec Bobby Jaspar puis Cannonball Adderley au saxophone. En août, il accepte une invitation du producteur français Marcel Romano pour aller jouer à Paris fin novembre et au début décembre. Un concert est prévu à l’Olympia avec Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke, suivi d’autres dates.

À sa descente d’avion à Orly, on lui propose de signer également la musique du premier long métrage de Louis Malle, un jeune metteur en scène de vigt-cinq ans. Miles accepte, un piano est transporté dans sa chambre d’hôtel où il a à peine le temps d’esquisser quelques idées, puis, cette fameuse nuit du quatre septembre, de courts extraits d’une vingtaine de secondes (Jeanne entrant et sortant de l’écran, de profil) sont proposés au groupe qui improvise ensuite sur les structures proposées par Miles. Evidente, somptueuse, nouvelle , imprévue, la musique qui naît de ces instants de rencontre et de fusion reste comme l’un des plus grands moments de l’histoire du jazz. En Europe, le nom de Miles Davis est mis sur l’affiche du film. Et toute discothèque jazz qui se respecte possède en son sein cet indépassable enregistrement.

Les films dont le jazz est le héros

L’ambiance jazzy, la lumière tamisée des clubs, les légendes et réalités sulfureuses de nombre de jazzmen ne pouvaient qu’attirer des réalisateurs. Soucieux de profiter de l’aubaine, ils employèrent ces héros rêvés de fiction dans leurs intrigues.

Le premier exemple intéressant est sans doute La Folle Parade (1938) avec Tyrone Power. Roger Grant, transfuge du classique au ragtime, monte un orchestre de jazz. Il tombe amoureux de la chanteuse Stella Kirby, que convoite un jeune compositeur, Charlie Dwyer. Une histoire d’amour à trois de plus de 20 ans (comme en politique), au son d’une trentaine de chansons d’Irving Berlin.

En 1939, Louis Amstrong joue dans Le cavalier errant (Goin’ places) de Ray Enright, un dont la star était le chanteur Dick Powell. Un scénario à la Drôle de zèbre, le plus grand navet français : Louis Armstrong, garçon d’écurie, soigne un cheval de course nommé Jeepers Creepers qui n’apprécie tant rien que le jazz. Pas de note bleue, pas de victoire. Heureusement qu’il y a la trompette de Louis Armstrong. L’orchestre grimpe même sur un camion pour stimuler le galop de notre pur sang. Un doigt nanar, un doigt Marx Brothers, le film ne vaut vraiment, vous l’aurez compris, que par le thème portant le nom du cheval de course, qui deviendra un standard formidable.

Chicago 1929. Joe et Jerry, deux musiciens de jazz , au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Cela fait d’eux, malheureusement, les seuls témoins d’un règlement de comptes entre deux bandes rivales. Le chef de l’une d’entre elles, Spats Colombo, les a repérés et veut les éliminer. Ce synopsis, c’est bien entendu celui de Certains l’aiment chaud , le remarquable film du non moins remarquable Billy Wilder, en 1959.

Malgré les Poo-Poo-Pee-Doo de la ravissante Marilyn, la musique ici n’est pas véritablement jazz , ce qui m’a incité à le placer plutôt dans cette rubrique (pour ceux qui m’en voudraient de ce choix, nobody is perfect, comme l’affirme la dernière réplique du film...). Le film réussit l’exploit d’être à la fois la synthèse et la parodie de genres cinématographiques aussi différents que le burlesque muet des années 1920 et le film de gangsters des années 1930, tout en étant servi par une distribution remarquable.

Continuons avec une curiosité Noi Duri (1959) de Camillo Mastrocinque. Malgré Enrico Rava et une scène qui s’enrichit considérablement, la comédie italienne et le jazz semblent deux univers distincts. Pas dans ce cas où Toto (voir notre hommage sur le blog) est remarquable en baron de la drogue directeur de night-club jazz. Surprenant de le découvrir en grand méchant de service très crédible. Pour le faire tomber, Fred Bombardone (Fred Buscaglione) un agent du FBI, se fait engager comme Jazzman dans son établissement. Il va tenter de démanteler le réseau, non sans tomber sous le charme de la blonde platine de secours, la belle Josette (Scilla Gabel).

En 1961 Martin Ritt signe Paris Blues, avec Paul Newmanet et Joanne Woodward. Deux musiciens américains jouent tous les soirs dans un club de jazz parisien. "Green Card and French Kiss" au programme. Indispensable, ne serait-ce que pour la musique de Duke Ellington et l’apparition de Louis Amstrong dans le film.

Osons maintenant nous aventurer dans le domaine de l’ami maro pour signaler l’existence d’un film russe plongé en univers jazz : Jazz Band de Karen Chakhnazarov (1980). Les difficultés d’un jeune pianiste, Kostia, à s’imposer comme jazzman témoignent des difficultés de la période. Avec deux musiciens ambulants, Stepan et Jora, ils fondent un orchestre de jazz. A la suite d’un malentendu ils se retrouvent en prison avec Ivan, un ancien saxophoniste de la cour impériale : le trio devient quatuor et veut conquérir un vaste public...

Restons en 1980 pour la palme d’or de l’année, ex-aequo avec Kagemusha d’Akira Kurosawa : All That Jazz (Que le spectacle commence) de Bob Fosse. Prémonitoire de la propre mort du réalisateur en 1987, ce film raconte l’histoire de Joe Gideon. Metteur en scène, chorégraphe, drogué aux amphétamines et fumeur invétéré, il ne vit que pour le spectacle Sa vie privée elle-même est un spectacle. Victime d’un infarctus, il voit sa vie tumultueuse défiler. Plus beau que cabaret, All That Jazz reste un grand film d’atmosphère, malgré les critiques qui, comme à l’accoutumée, saluèrent sa nomination.

1980 toujours pour Le Quintette De Sven Klang de Stellan Olsson .A la fin des années 1950, un chef d’orchestre et son saxophoniste se confrontent à travers leurs conceptions musicales. Les tribulations du groupe en prennent un caractère conflictuel.

Toujours la même année (décidément), remarquons également un remake du du film d’Alan Crosland, déjà revisité par Michael Curtiz, The jazz singer. Chanteur le jour dans une synagogue, Yussel se grime de Noir pour se produire le soir dans des clubs de jazz de Harlem...

Francis Ford Coppola rêve avec Cotton Club (1984)de réaliser un véritable hommage au jazz. Hélas, s’il réussit à nous restituer de façon personnelle l’ambiance du lieu, avec Richard Gere en saxophoniste, les producteurs freineront son élan musical, et le film reste avant tout un film de gangsters, la musique de Duke Ellington en sus mais en fond.

Continuons avec Mo’ better blues de Spike Lee (1990). la qualité de la bande son, concoctée par Branford Marsalis avec des morceaux de John Coltrane, Miles Davis and Dizzy Gillespie, entre autres, met en relief une histoire tendue et nerveuse, rendant justement compte des petits et grands heurts de l’existence. Un film plutôt sous-estimé de son auteur, qui aura plus de succès avec des films plus anodins.

En 1993 Les Romantiques de Christian Zarifian raconte l’histoire de trois filles et quatre garçons qui louent un local dans le port du Havre, local dans lequel Eric, le saxophoniste, coule peu à peu sa vie comme il la fond dans la son instrument et la musique. Julie et Pascale, les soeurs, sont les chanteuses. Richard, le clavier, est secrètement amoureux de Julie qui est l’amie d’un autre membre du groupe. Accords et désaccords au programme.

En 1996,Robert Altman nous livre Kansas City. Ode à sa ville natale, où sa famille vivait depuis plusieurs générations, ce film est aussi un polar entrecroisant les destins sinueux d’une demi-douzaine de personnages. La ville est indissociable du jazz. Dans les années 1930, comme indifférente à la grande récession, elle emplit son espace urbain de notes de jazz légères comme des bulles de liberté. N’évoquant que des personnages liés au monde du jazz, Kansas City est un film musical et choral comme Robert Altman aimait à les façonner. Dans le bonus du DVD, Luc Lagier compare ce film à un morceau de Jazz, qui s’articule entre une ligne rythmique assez rigide, et une ligne mélodique libre, improvisée. C’est une lecture juste d’une oeuvre où les musiciens (J’apprécie particulièrement Ron Carter) sont souvent appelés pour de courtes improvisations, dans un esprit de développement et de commentaire qui rappelle les fondamentaux de mon pianiste de jazz, au début de l’article...

( A propos de ce film, voir dans les documentaires Jazz’34)

Poursuivons avec le cas d’un instituteur passionné de jazz dans B. Monkey de Michael Radford en 2002, avec Ian Hart, Jared Harris, Asia Argento .Il rencontrera Béatrice, braqueuse de charme. Ses complices n’apprécient pas la pédagogie, occasion de se perdre dans les méandres du jazzing london, sans que le film soit convaincant d’ailleurs.

Les biographies jazz

Réelles, fictives ou inspirées de la réalité, elles ont pour point commun de vouloir faire partager un univers précis et daté. Trop souvent influencées par une géométrie simpliste (l’exposition, l’ascension, le succès la chute), elles présentent un intérêt très inégal, malgré quelques très belles réussites.

1950 : la Femme aux chimères (Young Man With a Horn) de Michael Curtiz

D’après le roman de Dorothy Baker, la vie et les tribulations romantiques du trompettiste Bix Beiderbecke, orphelin passionné de jazz, qui connut la célébrité mais mourut alcoolique en 1931 à vingt-huit ans. Kirk Douglas, Lauren Bacall pour l’interprétation, s’il vous plaît, Louis Amstrong en apparition. Kirk Douglas avait appris la trompette pour être crédible, mais est doublé à l’instrument par Harry James. Tout pour faire un grand film, un peu mélodramatique à la mode de l’époque, mais cependant somptueux.

1955 : The Benny Goodman story de Valentine Davis

A Chicago, en 1910, la famille Goodman a bien du mal à trouver l’ascenseur social. Le père, petit tailleur en confection en difficulté permanente, veut faire apprendre la musique à ses fils. Benny, âgé de dix ans, est orienté vers la clarinette. On peut voir un document où il fait le boeuf à quatorze ans avec le tromboniste Kid Ory. Bien documenté à défaut d’être bien fichu.

1959 The Gene Krupa Story de Don Weis

Gene Krupa est né le 15 janvier 1909 à Chicago aux Etats-Unis. Célèbre pour son solo dans "Sing Sing Sing" de Goodman, il entra dans l’histoire du jazz. Durant les années 1940 et 50, Krupa dirigea plusieurs orchestres swing et travailla avec Anita O’Day et Gerry Mulligan. En 1959, quatorze ans avant sa mort, Hollywood avait déjà tourné son histoire dans ce film à succès où Sol Mineo tenait son rôle. Son style athlétique peu empreint de finesse malgré une technique sûre lui valut d’être brocardé par Boris Vian.

1986 : Autour de minuit de Bertrand Tavernier

New York, 1959. Dans une chambre sordide, Dale Turner, l’un des plus grands saxo-ténors de sa génération, miné par la pauvreté et l’alcool, se souvient de sa vie.

A partir du titre phare de Thélonius Monk, « Round midnight", Bertrand Tavernier a composé un film hommage à tous les musiciens de jazz. Il pourra paraître surprenant de classer dans les biographies une biographie fictive, mais il faudrait ici plutôt parler de deux biographies mêlées : celle du célèbre saxophoniste Lester Young, mais aussi celle de Bud powell telle que Gilles Carle l’avait écrite dans un livre de mémoires . A propos du film, écoutons Dexter Gordon, acteur principal du film, sans saxophone :" j’ai été un peu une sorte de délégué. (...) C’était très dur parce que j’avais mon peuple sur les épaules et j’avais l’impression d’être le porte-parole de Charlie Parker, de Lester Young, de Bud Powell et de tous les musiciens qui ont fait notre musique. J’ai raconté une tragédie et elle a le mérite d’être vraie."

1988 : Bird de Clint Eastwood

Frôlements de balais, cuivres lancinants, saxophone-oiseau. Ce film de Clint Eastwood n’est pas une biographie pure de Charlie Parker, ni un film sur le jazz . Ce film est une partie du jazz lui-même. Un film avec solo, chorus, breaks, contretemps, mélodie, rythmique propres. Charlie Parker était un homme de l’ombre qui aimait la lumière de la scène, un solitaire qui avait la passion des autres. Forest Whitaker incarne celui qui mourut d’une hémorragie à trente-quatre ans, usé d’alcool et de stupéfiants, sans cabotinage, sans recherche inutile d’effets. Du grand, du très grand Eastwood.

1988 Let’s Get Lost de Bruce Weber

Adolescent, Chet Baker se passionne pour Lester Young . En 1946, engagé dans le 2980 Army Band stationné à Berlin, il découvre le Be bop (et les orchestres modernes blancs de l’époque (Woody Herman, Stan Kenton). Rendu à la vie civile en 1948, il étudie la musique, puis s’engage de nouveau (à San Francisco), suite à une déception amoureuse. Il joue de premières notes bleues avec Dexter Gordon et Paul Desmond.

En 1951, il est muté dans un bataillon disciplinaire, déserte puis se fait réformer pour inadaptabilité à la vie militaire. En 1952, il joue avec Vido Musso, Stan Getz et surtout Charlie Parker qui le choisit parmi une flopée de jeunes trompettistes.

Cette même année, débute la collaboration avec le saxophoniste Gerry Mulligan.

En 1953, fait rare chez les joueurs de jazz, il devient une vedette glamour. William Claxton, photographe qui avait passé sa jeunesse à collectionner les albums de Duke Ellinton et Count Basie , commence à photographier en amateur dans les petits clubs de jazz. Sa rencontre avec le réalisateur et producteur Dick Bock lors d’un concert de Chet Baker lui ouvre les portes d’un monde qui le fascine. Il réalise alors une incroyable série de photos, où Chet, en T-shirt blanc, beau comme un dieu, incarne un James Dean avant l’heure.

Son jeu indolent, son public de jeunes filles blanches en jupes et socquettes lui vaudront les sarcasmes permanents des amateurs de ce que l’on appelait alors le hard-bop, et dont Miles était l’incarnation vivante.

A réécouter Chet aujoud’hui , l’on se rend compte cependant que on souffle ténu possédait une expressivité particulière, et que certaines de ses interprétations sont d’une sensibilité sans égale.

Le destin de Chet fur ensuite pris dans l’engrenage de l’héroïne, et il mourra à deux pas de la rue rouge d’Amsterdam, à deux pas des dealers qui avaient rectifié sa jolie gueule tant il leur devait de l’argent. Ce contraste, Chet magnifié/Chet brisé, fait le champ-contrechamp d’un film où transparaît l’amour de la musique et la passion de l’homme chez Bruce Weber. Il le filmait depuis quatre ans et était au montage quand il apprit mort de Chet.

Il ne laissa à nul autre le soin d’organiser les obsèques du compositeur et interprète, en 1988.

Le film, hors normes, n’est sorti en France qu’en 2008, pour le vingtième anniversaire de la mort de Chet Baker.

1991 : Bix une interpretation de la legende de Pupi Avati

Présenté en sélection officielle du Festival de Cannes 1991, tourné en anglais avec des acteurs inconnus, Bix est le fruit à la fois de l’amour de Pupi Avati pour Bix Beiderbecke, mais aussi de travaux de différentes biographies parfois contradictoires ( Evans, Shudalter et Mayat, en plus de l’ouvrage de Dorothy Baker "Le jeune homme à la trompette"). La version de Pui Avati diffère de celle offerte par le film de Michael Curtiz Young Man with a Horn, (la femme aux chimères, voir plus haut). Les scènes de Davenport furent tournées dans la maison d’enfance du musicien, que Pupi Avati acheta à la fin du tournage.

1997 : Robert Johnson. A la croisée des chemins (Can’t You Hear The Wind Howl ? The Life & Music of Robert Johnson) de Peter W. Meyer

Une évocation du grand bluesman dont Eric Clapton a repris les chansons dans "Me and Mr. Johnson".

2008 : Momo le Doyen de Laurent Chevalier

Marqué par sa rencontre avec Momo, le saxophoniste père de la musique guinéenne, Laurent Chevalier décida après sa mort de le raconter à partir des rchives accumulées avec sa caméra DV. Répétititions, concerts, interwiew, le montage n’est pas toujours précis. Chevalier n’est pas Kaurusmaki dans Moro no brasil. La façon dont Momo a inséré le jazz dans la musique traditionnelle guinéenne est toutefois explicite, et son saxophone inventif est bien mis en valeur. Un film un peu maladroit mais attachant et intéressant.

Les documentaires sur le jazz

1938 : Woody Herman and his orchestra de Roy Mack

Court-métrage avec la chanteuse Lee Wiley.

1957 : Django Reinhardt de Paul Paviot - 24 min

Tourné après la mort de Django Reinhardt, un film écrit par Chris Marker avec Yves Montand dans le rôle du récitant. Un vibrant hommage à l’immense guitariste.

1959 : Jazz à Newport de Bert Stern Avec Louis Armstrong, Dinah Washington, Gerry Mulligan

Un film mythique sur le grand festival américain

1961 : Tout au long de la nuit de Basil Dearden :

Une toute petite tentation de fction, mais en fait un documentaire sur le jazz des années 1960. Du jazz en permanence, image et son. Avec Charles Mingus, Dave Brubeck et Tubby Hayes. Le bonheur absolu. A ma connaissance, des morceaux jamais sortis sur CD, malgré des moments exceptionnels.

1966 : Big Ben de Johan Van der Keuken

Van der Keuken, Ben Webster et son son unique, ses anches taillées dans le plancher. Il faudrait être cloche pour ne pas aimer.

1969 : Archie Shepp and the Panafrican Festival de Théo Robichet

Le légendaire saxophoniste Archie Shepp et au Festival panafricain organisé à Alger en 1969. Le premier du genre , et qui revêtait une importance particulière à une période où les musiciens de jazz les plus importants affirmaient leur volonté politique de revendiquer leurs racines africaines. Un film rare tet important de théo Robichet,qui fut notamment membre du groupe Medvedkine, mémorable expérience de cinéma militant. Shepp, Alan Silva, Sunny Murray, Clifford Thornton, Grachan Moncur III improvisent avec des musiciens traditionnels touaregs lors d’une rencontre parmi les plus magnifiques de l’histoire du jazz.

Archie Shepp, qui n’a pas vu le film, le découvrira avec nous et évoquera lors d’une conversation avec Philippe Carles (co-auteur du livre Free Jazz, Black Power) l’importance qu’a pu avoir le festival pour lui, pour le free jazz, pour la communauté afro-américaine - qui tentait de retrouver là ses racines -, et pour la culture du monde arabe.

1972 : L’Aventure du jazz de Louis Panassié

Réalisé avec le concours de son père, le critique de jazz Hugues Panassié, le film présente sur une durée de 2 h 30, 130 musiciens de jazz parmi les plus grands. Jugez par vous-mêmes :Louis Armstrong, Duke Ellington Orchestra, Jo Jones, Milt Buckner,Cozy Cole,Sister Rosetta Tharpe, Memphis Slim John Lee Hooker, Buddy Tate Orchestra (Pat Jenkins, Eli Robinson, Ben Richardson, Buddy Tate, George Baker, Ted Sturgis, Cozy Cole), Lionel Hampton Orchestra, Dick Vance Orchestra (Dick vance, Eddie Barefield, Milt Sealy, Bernard Upson, Joe Marshall), Jimmy Slyde, Willie "The Lion" Smith Charlie Shavers,Mezz Mezzrow,Georges Benson, Eddie Barefield Orchestra (Milt Sealy, Bernard Upson, Joe Marshall, Edgar Battle, Jimmy Slyde, Panassié Stompers (Buck Clayton, Vic Dickenson, Eddie Barefield, Budd Johnson, Sonny White, Tiny Grimes, Milt Hinton, Jimmy Crawford), Cliff Jackson et Zutty Singleton.

1973 : Stephane Grapelli, cinquante ans de violon de Bernard Lion

Stéphane Grappelli voit le jour à Paris le 26 janvier 1908. Son père, immigré italien fou de musique lui offre un violon, lui enseigne les rudiments et obtient pour lui la nationalité française en 1919. Commence alors pour Stéphane Grappelli une vie de bohème. Il joue dans les orchestres des cinémas muets, ce qui lui donne une raison supplémentaire de figurer dans cet article. Il deviendra l’un des plus grands, et son itinéraire atypique et attachant, sa musique si joyeuse et belle méritaient bien à tout le moins un documentaire

1980 : Chet Baker / Evening in Paris de Léon Terdjanian :

Un documentaire avec une interview de Chet Baker réalisé au Dréher .

1983 : Lettre à Michel Petruccinni de Franck Cassenti - 45 mn.

Frank Cassenti, musicien-cinéaste, essaye d’aborder par l’image le jeu et le style incomparable d’un des pianistes les plus doués des années quatre vingt. Un bel hommage, plein d’humour, intimiste, doux et chaleureux au pianiste qui trouva prématurément la mort en 1999. Le film sera présenté au festival de Cannes 1983.avec également Lee Konitz, Aldo Romano et Charles Lloyd.

1984 : Archie Shepp : Je suis jazz ... c’est ma vie de Frank Cassenti.

Sur le site du jeu de paume , Frank Cassenti explique ainsi le genèse du film : « je me suis entendu te demander alors que je ne te connaissais pas : Monsieur Shepp ça vous dirait que l’on fasse un film ensemble, un film sur le jazz ? et toi de me répondre : Je n’aime pas ce mot de jazz ! C’est un mot qui est né dans les bordels de la Nouvelle Orléans, mais j’aime le cinéma ! » . Un beau document. On y voit le saxophoniste au Sénégal, à la Grande Halle de la Villette et au festival de Porquerolles.

1988 : Bird now de Marc Huraux .

Dizzy Gillespie raconte Charlie Parker. De nombreux témoignages et une façon intéressante de restituer l’atmosphère de l’Amérique des années 50-60.

1988 Thelonius Monk. Straight no chaser de Charlotte Zwerin

Charlotte Zwerin a constitué son projet autour d’archives filmées. En 1980, le réalisateur Bruce Ricker lui fait connaître les trvaux de Michael et Christian Blackwood, qui ont suivi Monk lors de sa tournée européenne de 1967-1968 avec leur caméra. Diffusées lors d’une émission pour la télévision allemande, les images n’ont jamais été rediffusées. Complètement enthousiaste, elle cherche un finacement qu’elle trouvera finalement chez Clint Eastwood, qui accepte de produire le film alors qu’il est en plein tournage de Bird. Monk y apparaît tel qu’en lui-même, comme un enfant dans la vie et seulement préoccupé des 88 touches du piano. Ce documentaire, un des plus beaux hommages qui ait jamais été tourné, comprend aussi un magnifique hommage à quatre mains signé Barry Harris et Tommy Flanagan, deux des héritiers du pianiste inspiré. Indispensable, tout simplement indispensable.

1988 : The Last of the Blue Devils de Bruce Ricker

C’est en effectuant des recherches pour la réalisation de son film Bird, consacré à la vie du saxophoniste alto Charlie Parker, que Clint Eastwood découvrit The Last of the Blue Devils, film-document qui dépeint les milieux musicaux de Kansas City pendant les années trente.

Les principaux innovateurs du jazz ont joué dans le groupe des "Blue Devils". Il y a eu Count Basie (le plus filmé ici), Lester Young, Buster Smith, Eddie Durham, Jimmy Rushing, Walet Page, Hot Lips Page, Ernie Williams... Quarante ans plus tard, ces grands musiciens se retrouvent dans le local de leur ancien syndicat. Il avait ajouté à ces concerts (réunissant Count Basie, Big Joe Turner, Jay McShann, Paul Quinichette, Gene Ramey, Jimmy Forrest, Jo Jones, Claude Williams, etc.) des documents très rares sur Charlie Parker et Lester Young. Un must du genre, merci Clint.

1989 : Chet’s Romance de Bertrand Fèvre,

César 1989 du meilleur court métrage documentaire . Une vie de Chet que Chet lui-même appréciait.

1989 : Satchmo de Garry Giddins et Kendrick Simmons

A partir du livre Satchmo : the Genius of of Louis Armstrong de Gary Giddins , un pottrait bien documenté.

1990 : Martial Solal de Pierre Bouteiller et Gérard Lopez

Né le 23 août 1927 à Alger, le pianiste français Martial Solal est certainement le musicien français le plus important depuis Django Reinhardt. Grand improvisaateur, compositeur éclectique, il était nécessaire qu’hommage lui soit rendu.

1991 : The Last Days de Willem Ouwerkerk

Un documentaire sur Chet Baker essentiellement riche d’extraits de concerts enregistrés par la télévision hollandaise (vous vous rendez compte, du jazz à la télé...)

1991 : Portrait rêvé : Stéphane Grapelli 1/2 et 2/2 de Jean-Christophe Averty et Pierre Bouteiller

Un grand entretien avec le violoniste magique, aéré d’extraits aériens de ses concerts. Indispensable, forcmen indispensable.

1992 : Les grandes voix américaines de Claude Fléouter

Un documentaire tiré de l’ancienne série de la 3 Océaniques - les cavales de la nuit. De grands moments.

1992 : In the Key of Oscar Peterson de Win R. Cunningham et Sylvia Sweeny

Produit pour Muzzik, un documentaire sur le grand pianiste canadien d’origine antillaise, qui avait enflammé le Carnégie hall à 24 ans.

1993 : L’histoire du jazz (The Story of Jazz) (Série " Masters of Jazz " ) de Matthew Seig (1993)

Un peu compil, mais pas inintéresant.

1993 : Une histoire du jazz français. 1/3 : 1917- 1940 | 2/2 : 1940 - 1960 | 3/3 : 1960 - 1993 de Pierre Bouteiller et Jean Christophe Averty

Si la crainte de l’illégalité ne me hantait, je n’aurais qu’une phrase : amis du jazz, à vos graveurs !

1994 : Miles de Philippe Koechlin

Par un des journalistes de Jazz Hot par ailleurs fondateur de " Rock & Folk ".

1995 : Lady Day de Philippe Koechlin

Un hommage à la vie passinnée et au talent de la chanteuse Billie Holiday (1915-1959)

1995 La musique selon Marsalis de Michael Lindsay-Hogg

Sur le grand trompetiste de la nouvelle génération, contoversé mais si talentueux.

1996 : Fats Waller de Gérald Arnaud

Un documentaire sue le génial pianite et compositeur, sans doute le plus grand joueur de piano stride. Allez, pour adouceur la rudesse de cette énumération, une petite anecdote sur Fats...Un jour, le pianiste stride fut kidnappé par quatre gangsters sous armés, jeté dans une voiture. Fats était terrorisé. On l’emmena à une réception où on le fit s’asseoir au piano. Fats Waller servait en fait de cadeau d’anniversaire à un de ses lieutenant pour Al Capone. Champagnes et femmes à volonté, Fats joua pendant trois jours et rentra chez lui les pohes emplies de billets et le foie tourmenté.

1996 : Louis Armstrong de Sylvie Faguer

Dans la série Jazz Collection pour Arte et Planète.

1996 : Gerry Mulligan (1927 - 1996) de Robert Mugnerot

1950, c’est un tout jeune Gerry Mulligan qui rejoint l’orchestre de Claude Thornhill. Il aura la chance d’y rencontrer Miles Davis. Celui-là même qui donnera Birth of The Cool. A cette occasion, il compose les désormais mythiques "Jeru" et" Venus De Milo" et arrange "Godchild" . Un des fondateurs du "cool jazz" donc, qui collaborera aussi avec Thelonius Monk ou Stan Getz.

1996 : Count Basie de Jean-Pierre Dewillers, Jean-Noël Christiani, Elisabeth Kapnist et Sylvie Faguer (1996)

Dans la même série que le précédent.John coltrane de Jean-Noël Christiani et Gérald Arnaud

1996 : John coltrane de Jean-Noël Christiani et Gérald Arnaud

Toujours pour la Jazz Collection d’Arte

1996 : Sidney Bechet de Philippe Koechlin

Ibidem

1996 : Bernard Lubat d’Eric Pittard

Portrait du batteur incontournable de la scène europénne, festif autant qu’inventif, et grand ordonnateur des fêtes d’Uzeste.

1997 : Blue Note, a Story of Modern Jazz de Julian Benedikt, Andreas Morell

Deux émigrés juifs allemands, Alfred Lion et Francis Wolf, donnèrent naissance à Blue Note, la mythique maison de disques de jazz, aux enregistrements au top de leur époque, et qui participa aux aventures musicales de John Coltrane, Art Blakey ou Miles Davis, pour ne citer qu’eux tant le catalogue est éblouissant.

À l’opposé des préceptes marchands ils firent ce qu’ils aimaient avec passion sans se soucier de rentabilité mais en l’atteignant par la qualité. Monk, Hubbard Coltrane viennent dire leurs mots entre deux phrases musicales, et c’est un plaisir constant. Ce film tourné en 1997 est enfin réédité en DVD.

1997 : Wild Man Blues de Woody Allen

Documentaire sur la tournée européenne du clarinettiste Woody Allen avec son New Orleans Jazz Band ! Pour inconditionnels du style et du cinéaste.

1997 : Gil Evans (1912 - 1988) de Serge TrottierIan

Ernest Gilmore Green, arrangeur, compositeur, chef d’orchestre et pianiste, connu sous le nom de Gil Evans, reste dans les annales de l’histoire du jazz pour avoir participer avec Miles Davis et Gerry Mulligan aux fameuses sessions qui préfigurèrent et déterminèrent de l’avènement du cool jazz.

1997 : Max Roach de Gérald Arnaud et Patrick Sobelman

Portrait du plus subtil des batteurs postérieurs à Art Blakey, qui servit Duke Ellington, Dizzy Gillespie et Miles Davis.

1997 Michel Portal de Christian Palligiano

Portait du grand poly-instrumentiste (du côté des vents) français, éclectique et innovant.

1998 : Jazz’34 de Robert Altman

En 1996, Robert Altman a tourné "Kansas City" (Voir plus haut), Il avait réuni pour les besoins de la cause, vingt et un des meilleurs musiciens de jazz contemporains pour une gigantesque jam-session d’une semaine, filmee par trois cameras. "Jazz’34" est le film qui permet de retrouver l’intégralité de ce merveilleux moment de jazz, dont seule une petite partie a été montée dans le film.

1998 Ray Barretto de Gérald Arnaud

Toujours dans la collection d’Arte, ce portrait réussi du percussionniste New-Yorkais né à Porto-Rico, qui savait si bien combiner les influences.

1998 Paul Bley de Michel Barbeau

Toujours dans la même collection, un portrait du canadien, pianiste majeur de l’époque free jazz, qui influença Keith Jarrett. Formation classique en piano, il rencontre Ornette Coleman et Don Cherry, puis participe au trio de Jimmy Giuffre, avec Steve Swallow. Ce trio sans batteur, clarinette, piano, et contrebasse, est une révolution, etassoit définitivement la réputation d’arrangeur et de compositeur de Paul Bley.Il offre aussi à Carla Bley l’occasion de ses premières compositions...

1998 : Dee Dee Bridgewater d’Eric Pittard

Toujours pour Arte , un bon portrait de celle qui pour moi est la digne descendante d’Ella Fitzgerald.

1999 Cent ans de mémoire de jazz : 1/4 - En remontant le fleuve paresseux | 2/4 - Les voyageurs sans bagage | 3/4 - New York city | 4/4 - Du bop au soul de Claude Fléouter et Lucien Malson

Une série de documentaires qui prouvent qu’en matière de jazz, les sources sont multiples.

1999 : Ella Fitzgerald, Something to Live For 1/2 et 2/2 de Charlotte Zwerin

Un magnifique portrait de la chanteuse américaine (1918 - 1996). Les débuts dans l’orchestre de Chick Webb de 1935 à 1939 et celles organisées par l’impresario Norman Granz. Les interprétations de ce film sont enrichies d’d’un entretiens entre Ella et le chef d’orchestre André Prévin .

1999 Femmes du jazz de Gilles Corre

Une approche sensible d’un sujet peu traité ( se référer cependant également au numéro 498 de jazz magazine) par un "cinéaste du réel".

2001 : Jazz Seen de Julian Benedikt

Ce documentaire nous emmène pour un voyage de plusieurs décennies en Amérique à la découverte de l’oeuvre de William Claxton, célèbre photographe, a photographié le jazz pendant plusieus décennies. Jazz Seen nous offre des interviews de Chico Hamilton, Burt Bacharach, Russ Freeman, John Frankenheimer, Dennis Hopper, Helmut Newton, Vidal Sassoon, Ben Harper et de William Claxton . Probablement intéressant, mais à notre connaissance pas distribué, alors nous ne l’avons jamais vu...

2004 : Chantz, l’enfant-jazz de Mohamed Kounda

Eternelle histoire, le film narre la fuite de la misère par le blues. Une mère pygmalion, Glinda, son fils, Chantz, le sud des Etats-Unis. Un documentaire sur un thème aussi inoxydable qu’un bon vieux blues. Réalisé sur trois années, une gageure réussie pour Mohamed Kounda, qui a tout fait , ou presque, du scénario au montage. Sauf la musique. Mais cela Chantz s’en charge très bien.

2004 : Chabada, la vie des hommes de Philippe Crnogorac .

Bertrand marche dans les Pyrénées, il rencontre Tonio dans un refuge. Une nuit à papoter musique et montagne, et naît un échange de savoirs inusuels : Bertrand viendra vivre avec Tonio dans le refuge lors de la prochaine saison, d’avril à octobre. Il lui apprendra la batterie, et en retour il apprendra la vie à la montagne. Insolite.

2006 : Between a Smile and a Tear : Il était une fois le Montmartre Jazz Club de Copenhague de Niels Lan Doky

L’histoire de la réouverture exceptionnelle, durant deux jours, du "Montmartre", club de jazz mythique de Copenhague, fermé en 1974. Avec Didier Lockwood, Lisa Nilsson, Toots Thielemans, Mads Vinding, Albert Heath, Niels Lan Doky, Herluf kamp-larsen, Johnny Griffin (II).

2006 : Now ! Hadouk Trio Paris Jazz Club de Pascal Laperrousaz

Un film musical sur le groupe de jazz rock polyculturel Hadouk Trio, et la rencontre avec un swing nomade et amusant signé Didier Malherbe, Loy Ehrlrich et Steve Shehan.

2007 : Retour à Gorée de Pierre-Yves Borgeaud

Joseph N’Diaye, gardien de la mémoire de l’esclavage, Youssou N’Dour, griot et star internationale, vivent un e rencontre forte. Joseph N’Diaye, conservateur de l’île de Gorée, île symbole de la traite négrière, afirme : »je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a forcément une musique partie d’ici. »

Il y a une autre rencontre dans le film. Celle de Youssou N’Dour et de Moncet Genoud, pianiste aveugle, dont le toucher évoque celui d’Abdullah Ibrahim (Dollar Brand). Quand lesmots ne suffisent plus pour évoquer l’émotion, la musique trnsmet les sentiments. Le batteur Idris Muhammad, le contrebassiste James Cammack, la vocaliste Pyeng Threadgill, l’harmoniciste Grégoire Maret, le trompettiste Ernie Hammes et le guitariste Wolfgang Muthspiel se succèdent devant la caméra de Pierre-Yves Borgeaud dicrète mais précise. Beau comme une jam session réussie.

Enfin, au sein de cette filmographie documentaire jazz, une place partculière sera laissée à celui qui fut le plus filmé de toute l’hisoire Jazz, le grand Duke Ellington bien sûr.

Filmographie Duke Ellingon :

2007 : Norman Granz Presents : Duke - The Last Jam Session / Jumpin’ and Jivin’, Vol. 1

2005 : Jazz Classics Collection : pluisieurs volumes conscrés au Duke

2004 : The Golden Age of Jazz, Vol. 1 /Harlem Renaissance : The Music & Rhythms That Started a Cultural Revolution / Encore Series : Duke Ellington

2003 : That Old Black Magic

2000 : The Big Bands, Vol. 1 : Duke Ellington & Lionel Hampton / Duke Ellington and His Orchestra : 1929-1943

1997 : Jazz Classics for Fingerstyle Guitar, Vol. 1

1993 : At the Jazz Band Ball : Early Hot Jazz, Song and Dance

1992 : Lester Young & Billie Holiday

1991 : Americans in Europe, Vol. 2 / Music Classics, Vol. 1 / Music and Comedy Masters Series

1990 : Soundies, Vol. 1 : 1940’s Music Machine

1989 : Milton Berle : The Second Time Around - Legends - Funny Fifties

1988 : Harlem Roots, Vol. 1 : The Big Bands

1987 : Swing : The Best of the Big Bands, Vol. 1 / Piano Legends

1986 : Harlem Harmonies, Vol. 2 / Duke Ellington and His Orchestra : 1929-1952

1985 : Meet the Band Leaders - 112-118

1984 : Meet the Band Leaders - 101-108 et 111

1983 : Black Jazz and Blues

1982 : The Sacred Music of Duke Ellington / Sophisticated Ladies

1981 : Duke Ellington’s Sophisticated Ladies

1980 : Memories of Duke

1972 : All-Star Swing Festival

1971 : Duke Ellington : Live at the Tivoli Gardens (1971), Parts 1 and 2 / The Lou Rawls Show with Duke Ellington

1966 : Ella Fitzgerald in Concert

1965 : Harold Arlen : An All-Star Tribute

1964 : Duke Ellington : Montréal 1964

1962 : Newport Jazz Festival / Goodyear Jazz Concert with Duke Ellington

1961 : Jazz Concert 1 : Louis Armstrong & Duke Ellington

1959 : Anatomy of a Murder / Jazz on a Summer’s Day

1958 : Timex All-Star Jazz Show

1956 : Jazz Ball

1955 : Masquerade Party / Jazz Festival / Rock ’N Roll Revue

1947 : Date with Duke

1944 : Norman Granz Presents : Improvisation - Charlie Parker, Ella Fitzgerald and More

1943 : Reveille with Beverly

1943 : Cabin in the Sky

1938 : Jazz and Jive

1935 : Symphony in Black (gagnant d’un academy awards pour meilleur court métrage musical) / Great Jazz Bands of the 30’s

1933 : A Bundle of Blues

1930 : Check and Double Check

1929 : Black and Tan

Les musiques de film reprises par des musiciens jazz

Stephan OLIVA est un compositeur grave et intimiste, musicien solitaire, hanté par l’univers de ses modèles -Tristano, Motian, Bill Evans. Ecoutons le prler de son remarquable album Jazz’n (E)motion (soruce : jazz break)

« J’adore les musiques de films (je suis passionné de cinéma). C’est Jean-Jacques Pussiau pour le label Owl qui m’a proposé l’idée : se réapproprier des musiques de films, c’était encore une façon de sortir du cadre et de respirer une bouffée d’air pur. Je n’ai pas pris les standards comme My funny Valentine, Laura, Spartacus (du film de Kubrick) dont j’adore au passage la version de Marc Copland dans Poetic Motion. Spartacus je l’avais repris dans Jade Visions, car Bill Evans avait joué ce thème aussi. J’ai fait une sélection parmi mes films préférés puis j’ai décidé d’en faire mon propre commentaire de "spectateur musicien" illustrant ainsi L’état des choses de Wenders, India song d’après Carlos d’Alessio, Rosemary’s baby, le thème en spirale de Vertigo, Miracle en Alabama, le Mépris, le motif de la boite à musique de Casanova, la valse du Paradis perdu d’Abel Gance... Je suis toujours attiré par la thématique des films et des musiques de films, c’est un formidable sujet. J’ai joué en direct à l’écran pour la projection de Lulu de G.W PABST en mars à Besançon et dernièrement, j’ai eu le plaisir de travailler sur le film de Jacques Maillot Froid comme l’été pour ARTE (prix Italia du meilleur film européen). Le morceau repris dans Itinéraire imaginaire est Cécile seule..."

Citons également dans cette catégorie l’album d’Henri Texier né en 1999, au Festival du film d’Amiens, trente ans parès le film (prixJean Vigo 1971) qui a donné naissance à la musique, "Remparts d’argile". Texiee, Tony Rabeson, et son fils improvisent devant les images du film de Jean-Louis Bertuccelli. Une musique tendue comme les compositionsd de texier, une approche du désert par la musiqu particulièrement fine et intéressante.

En guise de conclusion provisoire et rapide

Je veux faire du cinéma selon les principes du jazz . Wong Kar Wai

Les films et le jazz. Le jazz et les films. Pour retourner la problématique dans tous les sens, on ne peut pas croire que le jazz soit la couture réversible des films. D’un coté le jazz se mélange, évolue s’enrichit, se stratifie mais reste fidèle. De l’autre les films se numérisent, se pixellisent. CD et DVD sont reproductibles à l’infini. Si mon pianiste de jazz ressort de son club favori, il n’y comprendra plus rien. Cinéma et jazz , jazz et cinéma. Une histoire de rencontre qui ne tourne pas toujours à l’histoire d’amour, mais qui est simplement parfois un passage, longues plages de saxophones langoureux, temps de quelques pulsations, cheminements hurlants d’un trombone, trilles d’une clarinette, mélodie d’un standard. Et parfois plus car affinités électives entre un saxophone baryton grondant son tonnerre et un film de fureur et d’orage. La seule chose certaine, c’est qu’un couple ne fonctionne jamais s’il est contraint. Pas de marieuse au pays du septième art, mais des producteurs, des compositeurs, des réalisateurs, des sujets et un public. Et tant que jazz et cinéma resteront vivants ensemble, se produiront des rencontres qui vibreront sur la toile de la note bleue.

Filmographie d’un ciné-jazzman fan

Cette filmographie ne regrouope pas que des musique ou des compositeurs purement jazz, elle essaye de prendre en compte les évolutions des rapports entre jazz et cinéma. Elle ne peut-être exhaustive, nous attendons vos contributions !

Le nom du réalisateur est en premier, puis le nom du film, puis le nom de ou des musiciens.

La présence d’un musicien signale sa présence dans la bande son, pas forcément qu’il ait signé la musique du film.

1929 : King Vidor : Hallelujah ! (Dixie Jubilee Singers)

1932 : Frank Tuttle : the big broadcast (Boswell Sisters)

1935 : W. Disney : Music Land (Paul Witheman). Court Métrage.

1937 : Raoul Walsh : Artists and model (Louis Armstrong)

1938 : Busby Berkeley : Hollywood Hotel (Benny Goodman)

1939 : Ray Enright : Le cavalier errant (Louis Amstrong)

1942 : Vincente Minnelli : Cabin’ in the Sky / Un petit coin au cieux de (Louis Armstrong, Duke Ellington, Ethel Waters, Lena Horne)

1943 : Frank Borzage : Le cabaret des étoiles (Benny Goodman, Peggy Lee)

1944 : Lewis D. Collins : Artistry in rhythm (Stan Kenton, Anita O’Day)

1946 : Alberto Lattuada : Il Bandito (Ella Fitzgerald)

1946 : Rune Hagberg : Après le crépuscule vient la nuit de (1946) : (Jimmy Lunceford)

1947 : Les assassins d’eau douce de Jean Painlevé (documentaire animalier) ( White Heat et Stompy Jones de Duke Ellington, Louis Armstrong, Jimmy Lunceford)

1948 : Nicholas Ray : les amants de la nuit (Boswell Sisters)

1949 : Jacques Becker : Rendez-vous de juillet (Claude Luter, Rex Stewart)

1950 : Michael Curtiz : La femme aux chimères (Young man with the horn) (Bix Beiderbecke)

1951 : Elia Kazan : Un Tramway Nommé Desir (Alex North)

1955 : Norman Mac Laren : Caprice en couleur (Oscar Peterson).

1954 : Elia Kazan : Sur les Quais (Leonard Bernstein)

1954 : Laszlo Benedek : L’Équipée sauvage / The wild one (Shorty Rogers)

1955 : Otto Preminger : l’Homme au Bras d’Or (Elmer Bernstein)

1955 : Jean Josipovici : L’inspecteur aime la musique (Sidney Bechet et Claude Luter. Aie.)

1956 : Elia Kazan : Baby Doll (Kenyon Hopkins)

1957 : Louis Malle : Ascenseur pour l’Echafaud (Miles Davis)

1957 : Roger Vadim : Sait-on Jamais ? (John Lewis et le Modern Jazz Quartet)

1958 : Orson Welles : La Soif du Mal (Henri Mancini)

1958 : Robert Wise : Je Veux Vivre (Johnny Mandel)

1958 : Jean Pierre Melville : Deux Hommes dans Manhattan (Martial Solal)

1958 : Anthony Man : God’s Little Acre (Elmer Bernstein)

1958 : Marcel Carné : Les tricheurs (Maxime Saury, Ray Brown, Roy Eldridge, Herb Ellis, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Coleman Hawkins, Buddy Rich, Gus Johnson, Oscar Peterson, Fats Domino, Sonny Stitt, Norman Granz)

1959 : Otto Preminger : Autopsie d’un Meurtre (Duke Ellington)

1959 : Roger Vadim : Les Liaisons Dangereuses (Thelonious Monk et Art Blakey)

1959 : Jean-luc Godard : A Bout de Souffle (Martial Solal)

1959 : Edouard Molinaro : des femmes disparaissent (Art Blakey and the jazz Messengers)

1959 : Edouard Molinaro : Un Témoin dans la Ville (Barney Wilen, Kenny Clarke, Kenny Dorham, Paul Rovere, Duke Jordan)

1959 : Martin Ritt : Le Bruit et la Fureur (Alex North)

1959 : Michel Kast : J’irai cracher sur vos tombes (Alain Goraguer, Roger Guérin, Raymond Guiet, Michel Hauser, Alain Goraguer, Claude Garden, Pierre Michelot, Christian Garros)

1959 : John Cassavetes : Shadows (Charles Mingus)

1960 : Shirley Clarke The Connection (Freddie Redd et Jackie McLean).

1960 : Ranald McDougall : Les Rats de Cave (André Previn avec Gerry Mulligan)

1960 : John Huston :les désaxés (Alex North)

1961 : Roger Vadim : La bride sur le cou (James Campbell, avec François Jeanneau, Georges Arvanitas, Louis Trussardi, Michel Babault)

1961 : Martin Ritt : Paris Blues (Duke Ellington,Louis Armstrong, Guy Lafitte)

1961 : Blake Edwards : Diamants sur Canapé (Henri Mancini)

1961 : John Cassavetes : La Ballade des sans-espoirs (David Raskin)

1961 : Michelangelo Antonioni : La Notte (Giorgio Gaslini)

1962 : Francisco Rossi : Smog (Chet Baker)

1962 : Joseph Losey : Eva ( Billie Holiday dans Willow Weep For Me et dans Loveless Love, Michel Legrand)

1962 : Jean Pierre Melville : Le Doulos (Paul Misraki)

1962 : Roman Polanski : Le Couteau dans l’Eau (Krysztof Komeda)

1963 : Shirley Clarke : The Cool World / Harlem Story (Mal Waldron avec Dizzy Gillespie, James Moody, Kenny Barron, Yussef Lateef, Art Taylor)

1963 : Blake Edwards : La Panthère Rose (Henri Mancini)

1963 : Daniel Petrie : Stolen Hours (Chet Baker)

1963 : Shirley Clarke : The cool World (Mal Waldron)

1964 : André Hunebelle : Fantômas (Michel Magne)

1964 : René Clément : Les Félins (Lalo Schifrin)

1964 : Sidney Lumet : Le Prêteur sur gages (Quincy Jones)

1965 : Richard Lester : Le Knack (John Barry)

1965 : Norman Jewison : Le Kid de Cincinnati (Lalo Schifrin)

1965 : Pierre Granier-Defferre : La Métamorphose des Cloportes (Jimmy Smith)

1965 : Athur Penn : Mickey One ( Stan Getz, Eddie Sauter)

1966 : Lewis Gilbert : Alfie le dragueur (Sonny Rollins)

1966 : Joseph Losey : Modesty Blaise (Quincy Jones)

1966 : Val Guest , Ken Hughes : Casino Royale (Burt Bacharach)

1967 : Michelangelo Antonioni : Blow Up (Herbie Hancock)

1967 : Richard Brooks : De Sang Froid (Quincy Jones)

1967 : Jacques Doniol-Valcroze : Le Viol (Michel Portal)

1967 : Norman Jewison : Dans la chaleur de la Nuit (Roland Kirk, Quincy Jones)

1967 : John Boorman : Point Blank (Johnny Mandel)

1968 : Richard Lester : Petulia (John Barry)

1968 : Ellis Miller : The Heart Is a Lonely Hunter (Dave Grusin)

1968 : Peter Yates : Bullit (Lalo Schifrin)

1968 : Vittorio De Sica : Amanti (Ella Fitzgerald)

1969 : Nelly Kaplan : La Fiancée du Pirate (Claude Bolling)

1969 : Norman Jewison : L’Affaire Thomas Crown (Michel Legrand)

1970 : Jean-Pierre Melville : Le Cercle Rouge (Eric Demarsan)

1970 : Moshe Mizrahi : Les Stances à Sophie (L’art ensemble of Chicago, s’il vous plaît, pour Madame Bernadette Lafont)

1970 : Jesus Franco : Vampyros Lesbos (Manfred Hübler et Siegfried Schwab)

1970 : William Friedkin : French Connection (Don Ellis)

1971 : Don Siegel : Dirty Harry (Lalo Schifrin)

1971 : Clint eastwood : Play misty for me/Un frisson dans la nuit (Eroll Graner)

1972 : Bernardo Bertolucci : Le Dernier Tango à Paris (Gato Barbieri)

1972 : Peter Collinson : Straight on till morning (Annie Ross)

1973 : Mark Rydell  : Cinderella Liberty (John Williams)

1974 : Joseph Sargent : Les Pirates du Métro (David Shire)

1974 : John Coney : Space is the Place (Sun Ra)

1974 : Bertrand Blier : Les Valseuses (Stéphane Grappelli)

1974 : Alain Corneau : France Société Anonyme (Clifton Chenier)

1974 : Roman Polanski : Chinatown (Jerry Goldsmith)

1976 : Martin Scorcese : Taxi Driver (Bernard Herrmann)

1977 : Alain Corneau : La Menace (Gerry Mulligan)

1977 : Clint eastwood : L’épreuve de force (Jerry Fielding avec Jon Faddis et Art Pepper)

1978 : Philip Kaufman : L’invasion des Profanateurs de Sépultures (Denis Zeitlin)

1978 : Georges Lautner : Flic ou Voyou (Philippe Sarde avec Chet Baker)

1978 : Otto Jongerius : Mr Klomp (Chet Baker)

1979 : Pierre Zucca : Roberte (Eric Demarsan)

1979 : Alain Corneau : Série Noire (Duke Ellington, Juan Tizol)

1981 : Bertrand Blier : Beau Père (Philippe Sarde)

1981 : Bertrand Tavernier : Coup de Torchon (Philippe Sarde)

1981 : Alain Corneau : Le Choix des Armes (Philippe Sarde,Ron Carter et Buster Williams. Eh oui, deux contrebasses)

1983 : Claude Miller : Mortelle Randonnée (Carla Bley)

1983 : Jean Luc Godard : Je vous salue Marie (John Coltrane)

1984 : Jean-Luc Godard : Détective (Ornette Coleman)

1984 : Yves Robert : Le Jumeau (Chet Baker)

1986 : Bertrand Tavernier : Autour de Minuit (Herbie Hancock)

1986 : Haruki Kadokawa : Tokyo Blues / Left Alone (Mal Waldron)

1988 : Robert Zemeckis : Qui a peur de Roger Rabbit ? (Alan Silvestri)

1988 : Clint Eastwood : Bird (Chalie Parker)

1988 : Bruce Weber : Let’s Get Lost (Chet Baker)

1990 : Spike Lee : Mo’ Better Blues (Bill Lee avec le Branford Marsalis Quartet)

1991 : Rolf de Heer : Dingo (Miles Davis et Michel Legrand)

1992 : David Cronenberg : Le Festin Nu (Howard Shore avec Ornette Coleman)

1992 : Bertrand Tavernier : L 627 (Philippe Sarde)

1992 : Marc-Henri Wajnberg : Just Friends (Michel Herr)

1993 : Christian Zarifian : Les Romantiques (John Coltrane)

1994 : Nani Moretti : Journal intime (Keith Jarret)

1995 : Spike Lee Clockers (Terence Blanchard)

1996 : Philippe Garrel : Le cœur fantôme (Barney Wilen)

1997 : Jay Roach : Austin Power : International Man of Mystery (George S. Clinton)

1999 : Amos Gitaï : Kadosh (Louis Sclavis)

2000 : Amos Gitaï : Kippour (Jan Garbarek)

2002 : Steven Spielberg : Attrape-moi si tu Peux (John Williams)

2002 : Raphaël Nadjari : Apartment # 5 C ( John Surman)

2003 : François Lunel : Jours Tranquille à Sarajevo (Sonny Simmons)

2003 : Bertrand Tavernier : Holy Lola (Henri Texier)

2005 : Stéphan Guérin-Tillié : Edy (Nils Petter Molvaer)

2008 : Michel giondry : Soyez sympas, rembobinez (le film est truffé de magnifiques sances documentaires amateur concacrées au génial Fats Wallers).

Petite bibliographie subjective, personnelle et sélective

BAKER, Chet : Comme si j’avais des ailes : l’autobiographie secrète

BILLARD, François : Les jazzmen américains, 1917-1950.

BORDE, Raymond ; CHAUMETON, Étienne Panorama du film noir américain : 1941-1953

BOUJOUT, Miche : " Noir comme le jazz ? ". L’Avant-scène cinéma, juin 1984, n°329/330, p. 24-29

BRION, Patrick : Le film noir : l’âge d’or du film criminel américain, d’Alfred Hitchcock à Nicholas Ray

DANCE, Stanley : Duke Ellington par lui-même et ses musiciens

GERBER, Alain : Miles Davis : la ballade du honky-tonk man

GUERIF, François : Le film noir américain, préf. d’Alain Corneau

JONES, Quincy : Quincy, trad. de l’américain par Mimi et Isabelle Perrin.

LA POLLA, Franco : All that jazz. Un siècle d’accords et désaccords avec le cinéma. Paris, Les Cahiers du Cinéma, 2003

MINGUS, Charles : Moins qu’un chien

MOUËLLIC Gilles : Jazz et cinéma Editions Cahiers du cinéma, 2000.

MORRIS, Ronald L. : Le jazz et les gangsters, 1880-1940

MOUËLLIC, Gilles : Jazz et cinéma. [Paris], “Cahiers du cinéma”, 2000

PANNONICA DE KOENIGSWATER : Les Musiciens de jazz et leurs trois voeux, traduit de l’américain par Florence Hertz

Une baronne de la famille Rotschild, qui descendait dans les clubs de jazz le soir avec sa robe trouée, mais en Bentley, chez qui mourut Charlie Parker, et qui sauva Monk de la prison dans une affaire de marijuana, comment cela se fait-il que l’on en ait pas encore tiré un film ? En attendant, un super livre de mémoires.

SIMON, François-René : John Coltrane

STEPHENS, Michael L. : Film noir : a comprehensive, illustrated reference to movies, terms and persons.

TAVERNIER Bertrand : Amis américains

TERCINET, Alain : Be-bop.

WILDE, Laurent de : Monk.

WOLFF, Francis : Les années “Blue note”

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