Nous avions quelque peu tancé sur ce blog les dernières productions de Stephen Frears, Queen ou Chéri, trop convenues ou compassées, de bonne facture sans être réjouissantes.
Raison de plus pour nous féliciter du retour en forme de Stephen Frears, que l’on avaint vu aussi en forme depuis...My Beautiful Laundrette 1985.
En ayant l’excellente idée d’adapter le roman éponyme de Posy Simmons, Le cinéaste anglais nous livre une tragi-comédie qui n’est pas un film choral, mais plutôt un jeu de massacre sentimental qui ne cesse de jouer de contrastes. Bassesses et grandeurs, vérité et mensonges, sexe et jeux cérébraux, campagne et intérieurs, vulgarité et classe, communauté et intimités, frivolité apparente et fondamentaux cachés, le film ne cesse d’alterner les émotions et les faiblesses du genre humain.
Dans la campagne tranquille et chic du Dorset, où cohabitent poules, cochons, écrivains, rock stars et frustrations multiples, Stephen Frears reluque une bande d’intellos perturbés par l’arrivée d’une jeune journaliste aussi intelligente que sexy, stylo au poing et shorts moulants en ordre de bataille.
Gemma Arterton, dernière bombe du cinéma anglais, parfaite dans le rôle, perturbant potentiel de sensualité derrière de faux airs de Sainte Nitouche, revient dans son village natal pour vendre la maison de sa mère. Son nez refait et son balancement de hanches ne manquent pas de susciter des commentaires, dynamitent bientôt l’ordre apparent des choses.
Ajoutez deux d’adolescentes petites pestes alignant les gros mots comme la bigoudaine enfile les grains du chapelet, bien décidées à mettre le village à feu et à sang, et le mélange devient réjouissant et explosif.
S’ensuivent des péripéties variées, qui ont le grand mérite de surprendre et de souvent utiliser les personnages à contre-emploi de ce que l’on attendrait d’eux. La mise en espace, le rythme du récit sont pur plaisir, et rafraichissent d’un bain de jouvence filmique le style de la littérature anglo-saxonne.
Le marivaudage fait souvent penser à Woody Allen, mais avec ce soupçon de gravité qui semble toujours coller aux films de Steven Frears.
Légèreté et profondeur, un cocktail parfaitement réussi à déguster sans attendre, comme un excellent rafraichissement en salle (climatisée) en saison estivale.