Connu comme scénariste - il a entre autres co-signé "Fantastic Mister Fox" de Wes Anderson - Noah Baumbach avait déjà réalisé plusieurs films avant ce "Greenberg", interprété par Ben Stiller et filmé par Harris Savides, le chef opérateur attitré de Gus Van Sant.
Ainsi Roger Greenberg, quadra new-yorkais dépressif (est-ce un pléonasme ?) et qui a choisi de vivre dans l’oisiveté vient garder quelques semaines la maison californienne de son frère parti en vacances au Vietnam. Handicap suprême pour un américain, il ne possède pas de permis de conduire et dépend donc des autres pour le moindre déplacement.
Là-bas, il rencontre Florence, la jeune secrétaire-babysitter-ménagère qui s’occupe aussi du chien familial. Dans la douleur et presque à leur corps défendant naît une idylle entre ces deux maladroits sentimentaux qui semblent différents mais qui se rapprochent par leur inadéquations respectives.
Greta Gerwig (Florence) apporte une réalité touchante à son personnage, d’abord vue comme une hyperactive mais tqui s’avère enlisée dans ses problèmes et ses inhibitions ; elle n’en finit pas de "sortir d’une longue liaison" comme elle peine à se défaire du soutien-gorge le moins sexy de toute l’histoire du cinéma.
Etonnamment, Ben Stiller semble peu à l’aise dans son costume sur-mesure de dépressif obsessionnel transplanté dans les quartiers chics de Los Angeles. Lui qui se croyait destiné à ne retrouver qu’une "divorcée de 38 ans avec ados et des prétentions (sexuelles) à la baisse" a du mal à croire à son histoire d’amour... sans convaincre le spectateur.
Le scénario, fait d’une suite de saynètes anodines, délaisse le ton habituel de la comédie pour une tendresse mélangée de saveurs plus amères. Hélas, pour tenir la durée d’un long métrage, il aurait fallu la flamme intérieure d’un réalisateur comme Robert Altman. Sinon, un producteur malin pourra toujours récupérer de quoi alimenter, en ajoutant quelques répliques hilarantes, deux ou trois épisodes d’une série télévisuelle façon "Friends".
Au cours de la fête étudiante, la tirade acide de Roger sur la jeunesse actuelle ("Vous êtes durs... vous me faîtes flipper") tombe étrangement à plat, ne pouvant rompre une quasi-absence de rythme. Finalement, ce "Greenberg" apparaît presque aussi inadapté que ses personnages toujours à la recherche du bon tempo. Par contre, on suivra cette Gerta Gerwig, belle dans ses maladresses et qui rappelle un peu notre Sandrine Kiberlain.